Quelques mensonges et Louis Vuitton



Louis Vuitton & Marc Jacobs ont toujours le vent en poupe dans le monde du luxe et de la mode. Les chiffres de la marque vont en augmentant parallèlement à une crise financière mondiale qui est loin d'être terminé. Les défilés créent toujours l'évènement, les sacs se vendent à prix d'or et Marc est toujours en couvertures des tabloïds après ses vacances avec Kate Moss, après l'annonce de sa rupture d'avec Lorenzo Martone, après la sortie de son parfum où il pose lui même devant l'objectif, avec le succès de ses marques éponymes. Les multiples participations de designers en vogue font peaux neuves années après années chez Louis Vuitton, de quoi remplir des centaines de pages dans ce livre de rêve "Louis Vuitton, Art, Mode et Architecture".

Mais quelques détails font de l'ombre au beau succès de la maison de maroquinerie de luxe, notamment cette petite affaire dont on parle peu, à part en Grande Bretagne. L'ASA a jugé le mois dernier la marque pour publicités mensongères. En effet deux publicités viennent d'être interdites au Royaume-Uni parce que jugées trompeuses. On y voit des femmes et hommes travaillant le cuir à la main, coudre la poignée d'un sac à main, créer les plis d'un portefeuille et en dessous le texte ci-joint "La couturière au fil de lin et à la cire d'abeille (...) Quels petits gestes secrets sont-ils transmis discrètement par nos artisans? Comment marions-nous talents innées et prouesse inhérente? Ou comment cinq petits plis peuvent-ils rallonger la durée de vie d'un portefeuille?" Ainsi que "De la patience infinie protège chaque point de surfil".

Pour l'ASA les publicités mentent sur les vraies conditions de travail des ateliers de la marque, certes d'après le maroquinier ce travail est fait par des artisans qualifiés, et l'usage des machines à coudre ne peut ôter la valeur marchande du "fait main", mais là il n'est question que des détails et pièces qui demande beaucoup de précision. On reproche surtout au fabriquant de ne pas préciser les proportions de travail "fait main" dans la globalité de la production et de faire croire aux acheteurs que tout le travail est "fait main". Ces petits messages de propagandes publicitaires essayant de nous faire oublier les maintes délocalisations d'usine de productions en Chine n'ont pas du tout été appréciés, les publicités ont donc directement été interdites dans la presse.