Castelbajac en redressement judiciaire





"En mai, fais ce qu'il te plaît", voilà un proverbe que l'on ne risque pas d'oublier depuis le début du mois. Terrasse de café, brunch  le dimanche matin, et visite des beaux parcs parisiens. Un quotidien qui malheureusement fut un peu troublé dans la vie du créateur Jean Charles de Castelbajac. Le créateur adoré des stars les plus loufoques, de Katy Perry à Rihanna en passant par Lady Gaga, est dans une mauvaise passe. Sa maison, appartenant presque entièrement au fond d'investissement suédois Sixth Swedish National Pension Fund, est aujourd'hui en redressement judiciaire. La société suédoise qui avait injecté plusieurs millions d'euros à perte dans la maison de couture française compte aujourd'hui s'en séparer. L'historique boursier de la marque a toujours été assez compliqué, d'après ce que j'ai compris la société suédoise est connu pour être spécialisé dans les puces électroniques, elle avait quelques actions dans le groupe Marchpole qui a fait faillite en 2009. Elle se retrouva donc principale actionnaire (à 99%) de Castelbajac. Pas très glamour ces histoires financières, on est très loin de l'art artisanale de la couture, du design ou des croquis de mode. De plus Castelbajac ayant placé les droits de sa marque (donc de son nom et tout ce qui s'en suit) chez Marchpole depuis plus de 15 ans, le voilà privé d'un important pouvoir décisionnaire sur sa marque éponyme, ce n'est sans rappeler les mésaventures d'Inès de la Fressange.

Il a été décidé de laisser 6 mois d'observation à l'entreprise pour pouvoir trouver de nouveaux actionnaires. Castalebajac a prévu de faire un tour de table pour trouver ses niveaux financiers. Il délivrera son plan d'action pendant l'été, soit juste avant la date butoir de début novembre.

La couture en France va, je trouve assez mal, c'est assez paradoxale quand on sait qu'aux yeux du monde entier, la mode fait parti du patrimoine français. Il y a de cela à peine un an c'était la maison Christian Lacroix qui était au bord de la fermeture, les jeunes créateurs sont en manque d'aide pour se développer, les investisseurs sont de plus en plus méfiants, et la crise économique n'arrange rien à tout cela. Pour Castelbajac cela fait un bon moment que rien ne va plus, malgré une communication d'enfer, un cercle parisien en adoration, la présence de ses créations sur les tapis rouge et dans les clips les plus vus au monde, il ne fait pas face au marketing ultra développé de l'institution LVMH. Après la fermeture de la boutique à Lyon, il fallait bien se rendre à l'évidence : avec seulement 4 millions d'euros de chiffre d'affaire contre 2,4 millions d'euros de déficit la maison Castelbajac a besoin d'un nouvel essor. Et c'est ce que le créateur commence à faire en prenant contact avec des investisseurs chinois et européens qui l'aideront à sauver sa marque, mais aussi à reprendre possession de son nom.

Il y a quand même une lueur d'espoir dans tout ce brouillard financier. Sa marque bis JCDC remporte un franc succès parmi la jeune génération. Tout le monde, je pense, a conscience qu'il ne faudrait pas voir disparaitre cette marque qui nous réjouit chaque matin en revisitant le monde de Disney, des beaux nuages, et d'un monde merveilleux remplit de rire et d'enfantillage où personne, non personne, ne peut encore vieillir.